Lors d'une (assez longue) déclaration liminaire au CT-EP de ce jour, la CFDT-Météo a formellement demandé à la direction de mettre en place 2 groupes de travail :
- l'un sur les mesures sociales
- l'autre sur la structure-cible (c'est à dire l'implantation territoriale à long terme) de Météo-France
La CFDT-Météo a aussi fait part de ses critiques sur l'état du dialogue social dans notre Etablissement mais nous avons aussi bien noté que le "COP" intégrait un passage sur ce sujet précis : « La conduite des évolutions d’organisation des services et des métiers de Météo-France nécessite une mise en œuvre adaptative et participative, tenant compte du contexte local au sein de chaque entité et s’appuyant sur un dialogue social de qualité avec le personnel et ses représentants. »
Ici en lien la déclaration liminaire de la CFDT-Météo (3 pages).

 

L'heure est grave ou risque de le devenir.
Météo-France a besoin d'un projet. Un projet à long terme, le projet de Contrat d'Objectifs et de Performance ne suffit pas et reste trop flou. Très peu de personnes ont lu ce COP ; il n'est pas encore public. Les représentants du personnel n'en ont disposé que quelques jours avant le dernier Conseil d'Administration. Nous y reviendrons plus tard.
Les auditeurs du fort instructif « audit de l'établissement public Météo-France » rendu à la ministre Ségolène Royal le 28 octobre 2016 l'indiquent : « baisse des effectifs et réorganisation détériorent le climat social. Peu de documentation existe sur les conséquences des réformes déjà engagées sur la performance de l’établissement. L’établissement est confronté à plusieurs défis dans les années à venir » et les auditeurs d'en lister quelques-uns (page 7 sur 101).
Puis de produire dans leur conclusion de leur résumé. Extrait (page 8) :
« Les personnels, les responsables politiques, les acteurs économiques et le public doivent disposer d’une vision plus claire de l’établissement tel qu’il devrait être dans dix ans. La traduction de cette vision d’avenir sur les compétences et le nombre des personnels de l’établissement à cette échéance, le cas échéant sous forme de scénarios, est à finaliser dans les deux prochaines années ».
Cette vision, plus étayée que les quelques pages de conclusions du chantier 8 (vision prospective) ; nous en avons besoin. Nous, personnels de Météo-France. Pour connaître notre avenir, et l'avenir de la science météorologique en France.

Cette vision permettrait de combattre des idées surannées que certain(e)s peuvent avoir des météorologistes.

Ainsi, une commentatrice passant à la télévision sur Arte - « 28 minutes » du jeudi 1ier décembre (23ième minute) -, Madame Stéphanie Matteudi (Institut Supérieur du Travail), assure :
« Il faut arrêter de penser « statuts, corps » et réfléchir sous la forme de métiers. Il y a des exemples dans le privé qui sont peut-être à prendre ; il y a une façon de gérer les emplois, les compétences, la mobilité, il y a des idées dans le privé, il y a des initiatives, il y a une gestion des emplois et des compétences, il y a des réformes qui sont faites dans certains secteurs.
Dans le service de météorologie, il y a trois personnes qui doivent relever les températures ! Alors que c'est fait par une machine. Mais quand même, il y a un statut qui prévoit qu'il y a trois personnes qui relèvent les températures.
Avouez que ce n'est pas normal. Ces personnes-là il faut s'en occuper, il faut s'occuper de leur emploi, de leur apprendre à faire quelque chose, par le biais de la formation notamment et par le biais de la concertation avec les partenaires sociaux. »
Quelle inculture ! Quelle caricature ! Qui confine à la mauvaise foi. Comment peut-on aboutir, en 2016, à des commentaires aussi navrants ?
C'est encore plus frappant quand on le regarde. La DG est avertie et va certainement reprendre contact avec cette dame.
Si les statuts des TSM mentionnent l'observation parmi certaines fonctions spécialisées, s'agit-il d'être « trois à relever les températures » ? Ou s'agit-il de missions exercées dans le domaine de la sécurité des personnes et des biens, si essentielles d'ailleurs que la direction est prête à y imposer la continuité de service, écornant le droit de grève... il en est ainsi des fonctions d'observation à Roissy. Est-ce une mission du corps d'être trois pour "relever des températures" à votre avis, Mme Matteudi ?
JC Mailly (secrétaire général FO), alors apostrophé sur les météorologues par le journaliste, indique ne pas savoir mais « ce que je sais, c'est que le nombre de personnes travaillant à la météo a fortement diminué ces dernières années, il y a eu quelques actions ».

Tout cela est anecdotique mais démontre que nous avons nécessité à nous valoriser. Nous allons devoir défendre nos fonctions, notre travail, et pour tout dire notre dignité.
Nous aurons besoin de repères, de vision. Nous aurons besoin de force. Rejoignez les représentants des personnels !

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Sans un mouvement inscrit dans la durée, sans les différentes initiatives, internes avec les réactions publiques de nombreux collègues, externes via les fédérations des syndicats ou dans les Comités Techniques, les tutelles n’auraient certainement pas prêté grande attention aux inquiétudes actuelles des personnels de Météo-France. Le contenu de cet article sur 2 pages est ici en lien PDF, sinon ci-dessous, c'est la même chose.

Les débats sont loin d'être terminés ; ils ne se termineront d'ailleurs sans doute jamais. Restons mobilisés, chacun à sa manière. Etre reçu au ministère n’est pas un objectif en soi, c’est un moyen de faire entendre les messages des personnels en passant par de-là notre direction générale. Cela est intéressant dans cette période de réflexion sur la stratégie à venir de Météo-France (rédaction du Contrat d'Objectifs et de Performance).

Ceux qui proclameraient : "ô miracle, nous, nous avons été entendus" se trompent. Les décideurs écoutent mais ne suivent tel ou tel syndicat : les politiques publiques sont plus complexes. Dans ce bruit général, la CFDT-Météo a porté au ministère la voix des personnels, notamment celles des prévisionnistes, en mentionnant la lettre des acteurs montagne adressée à la direction générale ici en ligne sur le site de Solidaires-Météo, ou encore en rapportant la plupart des éléments du courrier des encadrants DIR/Prévi ici en lien.

 

Quelle est la position du conseiller infrastructures, transports, partenariats et social de notre ministre ? du moins, telle que nous l'avons comprise.

Le conseiller : Sa position de principe est simple. "C'est leur fiabilité qui donne aux prévisions de Météo-France leur intérêt". A titre d'illustration, il indique que "le jour où les prévisions ne sont plus fiables, où vous vous plantez à plusieurs reprises, une armée de communicants ne sera pas suffisante pour rattraper le coup".

CFDT-Météo : Nous avertissons alors que l'homme deviendra esclave de la machine en cas d'automatisation complète. En effet, l'homme est sujet aux reproches, pas la machine. Ainsi, si l'homme contredit la machine qui alerte sur des événements graves, et que ceux-ci ont tout de même lieu, l'homme risque ensuite de ne pas plus oser contredire la machine. Par prudence, il suivra systématiquement la machine. Et in fine, il perdra son expertise. Il n'y aura plus d'analyse critique des modèles.

 

Le conseiller comprend le discours, nous interroge sur la façon de travailler des services nationaux étrangers, et sur les implantations.

CFDT-Météo : nous avons contacté un syndicat du service météo anglais mais celui-ci n'a pas répondu à ce stade. L'interrogation portait principalement sur le réseau territorial anglais puisque les cartes du Metoffice montre plus de quarante (40) sites d'emploi de ses personnels (carte ici en ligne). Sur ce point, le conseiller social nous interroge quant aux coûts associés à l'existence d'un centre. Nous répondons qu'il n'y a pas d'infrastructure lourde. Nous soulignons que la direction souhaite travailler en réseau, mais qu'elle détruit le réseau en en faisant disparaître une très large partie (non clairement définie d'ailleurs...). La CFDT-Météo estime qu'il faut au contraire renforcer certains centres pour les amener à une "taille critique" (cf. rapport sur la prospective à 10 ans, page 11).

Nous argumentons aussi que les métiers liés à la prévision amont, à l'analyse du modèle pour en conclure une prévision fine, sont utiles nationalement et  localement, et qu'il faut en évaluer le bénéfice. Nous donnons notre avis : l'alimentation d'une base peut être automatisée mais il faut que l'homme garde la possibilité d'y apporter des corrections. Par ailleurs, les réflexions n'ont pas été menées avec assez de profondeur : les divergences s'aggraveront entre des productions qui resteraient humaines et des productions automatiques reposant sur des bases totalement automatisées.

 

Le conseiller de la ministre nous entend, estime qu'une étude d'impact est nécessaire et répète être sensible à la fiabilité de l'ensemble du système de prévision que Météo-France doit construire. Puis il nous interroge sur le nombre de personnes impliquées dans le domaine de la prévision.

CFDT-Météo : avant toute chose, nous rappelons que c'est le coeur de métier. Puis nous nous trompons en avançant 800 personnes dans la famille de métiers "exploitant et/ou prévisionniste" alors que le chiffre exact est sans doute un peu supérieur (1130 en 2013). Nous soulignons que donner un chiffre en l'absence de plan GPRH récent (le dernier est daté du 12 décembre 2013) relève de la gageure.

 

Le conseiller souhaite savoir si l'« automatisation de la prévision » est le seul point d'achoppement dans les activités de Météo-France.

CFDT-Météo : bien évidemment non. Nous citons la problématique à venir dans le domaine des développements : qu'est-ce qui doit être fait en interne, qu'est-ce qui peut être fait en externe ? Nous soulignons les soucis et malaises engendrés du côté des "mutualisations" des services dit supports, RH, Finances mais aussi TTI. Notre conclusion est toutefois que les annonces récentes sur l'automatisation complète de la prévision ont déstabilisé un nombre inédit de personnels à Météo-France, qu'ils soient strictement "du métier" ou non.

 

Le conseiller estime que le temps doit être donné à l'Etablissement pour construire son projet d'avenir et son contrat d'objectifs et de performance (COP). Selon lui, le consensus n'est pas obligatoire mais le COP ne peut pas être construit alors que "quatre organisations syndicales sur quatre ont boycotté les instances de concertation et déposé plusieurs journées de grève depuis six mois".

La CFDT-Météo explique avoir entendu son message à la précédente réunion du 10 septembre 2015 invitant à une reprise du dialogue, une fois obtenus trajectoire prévisible d'effectifs et tournée du p-dg. La CFDT-Météo a toutefois constaté que la direction n'a proposé aucun groupe de travail ou de réflexion sur le contrat d'objectifs et de performance.

 

 Vous trouverez ici en lien les compte-rendus :

- de l'audience du 21 juin matin avec la Direction Générale pour évoquer le préavis de grève déposé par la CFDT-Météo concernant ce 24 juin et les nuits attenantes (effectifs, « automatisation » de la prévision, non remplacement des agents quittant un centre météo », mesures sociales)
- de l'audience du 21 juin après-midi avec le Ministère : cette seconde réunion n’ayant pas apporté plus de satisfaction.
Ceux qui souhaiteraient plus de détails peuvent nous solliciter à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Au vu des éléments recueillis, la CFDT-Météo
appelle clairement à faire
grève ce vendredi 24 juin 2016 (et nuits attenantes).