Un décret du 10 février 2017 procède à la mise en œuvre, au bénéfice notamment des IPEF, "d'une partie des mesures prévues par le protocole relatif aux parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) et à l'avenir de la fonction publique." (sic) Les échelonnements de la grille IPEF de 2009 avaient été légèrement modifiés.

Le ministre du budget M. Darmanin, a signé de nouveaux décrets relatifs à PPCR (et a d'ailleurs communiqué sur ce sujet vers la presse en début de semaine).

Le décret n° 2017-1381 du 20 septembre 2017 est paru au Journal Officiel et vient modifier des échelonnements indiciaires avec quelques corrections et améliorations.
Pour les IPEF, il ramène la date de revalorisation 2018 de juillet à janvier, cf. échelonnements 2009 modifiés. Les quelques points d'indice en plus viennent légèrement améliorer les pensions de ceux qui partiraient en retraite.

Le député Ph Duron forme le voeu, en avant-propos de son rapport, que les ministres de l'environnement et de l'agriculture trouvent dans ses "propositions matière à nourrir leur réflexion sur l’avenir du corps des IPEF" . Ce rapport Duron est fort bien écrit mais ne propose pas de solutions de court terme ou de moyen face au manque de postes à responsabilités. Améliorer la gouvernance du corps ne changera rien si l'os à ronger devient plus petit chaque année. Il expose la situation des IPEF : forte mise en concurrence et faible accès aux hautes responsabilités publiques, contrairement à de nombreux autres corps qui ont leurs chasses gardées. Et c'est regrettable, car la France gagnerait à utiliser des méthodes de travail dépassionnées, rationnelles et justes, comme un ingénieur a appris à le faire.

Un extrait de ce rapport Duron:

"Un système qui réserverait les hautes responsabilités à un corps de fonctionnaire spécifique présente a priori de sérieux risques de conformisme, de mandarinat et de corporatisme, et, à tout le moins, supposerait une attention extrême à la mobilité et à la diversité des recrutements de ceux-ci. Les corps d’ingénieurs sont, de ce point de vue, plus fortement mis en concurrence avec d’autres profils que d’autres corps (préfets, ambassadeurs, conseillers d’État, magistrats, militaires). Il n’en reste pas moins  que  les  «  chasses gardées  »  sont  à  bannir.  C’est  donc  bien  en  apportant  des  profils d’ingénieurs à une gestion des cadres dirigeants d’un périmètre élargi État-opérateurs-collectivités locales qu’un corps des IPEF trouve son utilité.

Nombre  de  pays  sont  dépourvus  de  corps  d’ingénieurs,  ou  cantonnent  ceux-ci  à  des  fonctions subalternes. Nombre de hauts fonctionnaires ayant eu des rôles éminents dans des domaines très techniques  n’avaient  pas  de  formation  scientifique. En  France  même,  l’accès  des  ingénieurs  aux responsabilités de la haute fonction publique, même  s’il est plus ouvert qu’ailleurs, reste modeste. Sauf exceptions individuelles, il est en outre cantonné aux domaines où ceux-ci peuvent faire valoir une  technicité  particulière.  La  situation  française, sans doute  du  fait  de  la  présence  des  grandes écoles, est également atypique concernant les profils d’universitaires, qui, dans nombre de pays, ont une présence beaucoup plus forte dans les administrations. "