En bien des lieux, la confiance est rompue.
Nous, personnels de Météo-France, avons du mal à croire la direction quand elle indique que la cible territoriale sera pérennisée, que personne ne subira de mobilités forcées.
La direction, elle, a du mal à recueillir le soutien du ministère pour disposer de moyens. Malgré la « validation » d'AP2022.
La vérité est-elle que plus personne n'est soutenu ?
Au Comité Technique Ministériel sur le budget 2019 (27/09/2018), la CFDT demande au ministre :
     "- Météo-France… à propos de super calculateurs, les financements seront-ils là ? Dans une réunion informelle, la CFDT-Météo a demandé au PdG de Météo France si le financement était assuré, et ce dernier nous a renvoyé vers le PLF [Projet de Loi de Finances 2019] et les débats parlementaires : et nous y voilà. Alors, pouvez-vous nous en dire plus aujourd’hui ?"  Pour les passionnés, 15 pages de CR du CTM du 27/09/2018 sont ici en ligne.
Le ministre parti pour New-York en pleine séance, c'est la secrétaire générale de notre ministère, Mme Engström, qui apporte la réponse. Elle confirme que « le financement est bien prévu sur 2019 ».

Las.
Le p-dg passe au Sénat quelques jours plus tard. Il explique qu'en vérité, il manque 5 millions d'€ pour financer le supercalculateur en 2019. cf. ici nos 3 pages de résumé dont 1 pour la présentation du p-dg, le CR du Sénat fait 12 pages, la vidéo 1h55.
Reconnaissons que la direction avait mis en avant ses attentes vis à vis des débats parlementaires. Elle a d'ailleurs déployé quelques moyens, outre le passage du p-dg au Sénat, en invitant les rapporteurs parlementaires, à Saint Mandé, à Toulouse, cf. article intramet de ce mercredi 17 octobre.

Las bis.
L'information tombe ce même 17 octobre : le député passé à Toulouse demande 5 millions d'€ en faveur de Météo-France pour financer le supercalculateur – en prenant sur la ligne de crédits du « ferroviaire » dotée de 2,3 milliards –, mais des soutiens affichés dans les médias par certains proches du gouvernement ou de différents ministères : sa demande de 5 millions pour Météo-France est rejetée.

La confiance tombe : Météo-France n'a pas les moyens de ses ambitions en terme de supercalculateur. En vérité, ce sont là des injonctions contradictoires. Le plan de transformation est l' « injonction ». Le « contradictoire » vient du gouvernement qui n'en accorde pas les moyens, imposant des économies.
Sur le budget 2019, la situation est telle que tous les remplacements de véhicules sont gelés pour notre Etablissement. La direction doit assurer la bonne santé, la sécurité des personnels en poste ou en missions dans les voitures de Météo-France. Injonction contradictoire : comment croire que pendant toute une année, il n'y aura aucun besoin de remplacements sur plus de 200 véhicules ? Combien de temps cela va-t-il durer ?

Cela augure mal de la suite d'Action Publique 2022. La DG avance pied au plancher. C'est le sens du point qui a été fait au CTEP fin septembre. La vérité est que ce sont les personnels administratifs qui vont essuyer les plâtres, étant les premiers à subir les réorganisations.
Nous consacrons 2 pages du compte-rendu de ce CTEP ici en lien à chacun des thèmes suivants :
     - la réorganisation en CSP
     - aux dernières informations sur AP2022 avec un lien vers un calendrier prévisionnel.

Nos deux documents de référence pour cet article :
Compte-rendu du CTEP du 27 septembre avec un calendrier associé
Résumé de l'audition du p-dg au Sénat

 

Le ministre de la transition écologique invité de France Inter a pris tout le monde de court, président et 1er ministre compris, en annonçant sa démission. Voici les principaux ­extraits de son intervention. Chaque mot compte ; Nicolas était ministre d'Etat.

Ce qu’il a dit en direct (verbatim)

« Je ne comprends pas que nous assistions à la gestation d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence. La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil. Et on s’évertue à réanimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres.
Je ne comprends pas, comment, après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable, ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités. Contrairement à ce que l’on dit, la France fait beaucoup plus que beaucoup de pays. Mais, la pression du court terme sur le premier ministre est si forte qu’elle préempte les enjeux de moyen et long termes. Je demeure dans ce gouvernement tout seul à la manœuvre. Le premier ministre, le président, ont été pendant ces quatorze mois à mon égard d’une affection, d’une loyauté et d’une fidélité absolues.
Mais au quotidien, qui ai-je pour me défendre ? Ai-je une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité ? Ai-je une formation politique ? Est-ce que les grandes formations politiques et l’opposition sont capables de se hisser au-dessus de la mêlée pour s’entendre sur l’essentiel ?
Alors nous faisons des petits pas.
Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non. Avons-nous commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? Non. Ou à enrayer l’érosion de la biodiversité ? Non.

« Peut-être n’ai-je pas su convaincre »

Je vais prendre la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux. Et donc, je prends la décision de quitter le gouvernement. Aujourd’hui.
C’est la décision la plus douloureuse. Que personne n’en tire profit ! Car la responsabilité est collégiale, collective, sociétale.
J’espère que cette décision qui me bouleverse, qui est mûrie depuis de longs mois, ne profitera pas à des joutes ou à des récupérations politiciennes. J’ai une immense amitié pour ce gouvernement auquel je m’excuse de faire une mauvaise manière, mais sur un enjeu aussi important, je me surprends tous les jours à me résigner, à m’accommoder des petits pas alors que la situation mérite qu’on change d’échelle.
C’était un véritable dilemme en sachant que si je m’en vais, je crains que ce soit pire, soit je reste, mais en donnant le sentiment par ma seule présence que nous sommes en situation d’être à la hauteur de l’enjeu. C’est une décision d’honnêteté et de responsabilité. Je souhaite que personne ne fustige ce gouvernement, car c’est l’ensemble de la société et moi qui portons nos contradictions.
Peut-être n’ai-je pas su convaincre. Peut-être n’ai-je pas les codes. Mais, si je repars pour un an, cela ne changera pas l’issue. J’ai pris cette décision hier soir. Elle a mûri cet été. J’espérais qu’à la rentrée, fort des discussions que j’ai eues avec le premier ministre, avec le président, il y aurait un affichage clair.

« Accumulation de déceptions »

Cela va paraître anecdotique, mais c’est un élément qui a achevé de me convaincre que cela ne fonctionne pas comme ça devrait. On avait une réunion hier à l’Elysée sur la chasse, et j’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité. C’est symptomatique de la présence des lobbyistes dans les cercles du pouvoir. C’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? J’ai dit à Thierry Coste qu’il n’avait rien à faire là. Mais ma décision ne vient pas simplement d’une divergence sur la réforme de la chasse. C’est une accumulation de déceptions. C’est surtout que je n’y crois plus.
Je n’ai pas forcément de solution. Je n’y suis pas parvenu. J’ai obtenu certaines avancées. Mais je n’ai pas réussi, par exemple, à créer une complicité de vision avec le ministre de l’agriculture alors que nous avons une opportunité exceptionnelle de transformer le modèle agricole. Je n’ai pas prévenu Emmanuel Macron et Edouard Philippe de ma décision. Je sais que ce n’est pas forcément très protocolaire. Je sais que si je les avais prévenus avant, peut-être ils m’en auraient, une fois encore, dissuadé. J’ai une profonde admiration pour eux, mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture.

J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Où est passée la taxe sur les transactions financières, qui était le minimum pour tenter d’aider l’Afrique ? Le nucléaire, cette folie inutile économiquement et techniquement, dans lequel on s’entête… C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre. J’en prends ma part de responsabilité. »

Les personnels météos vont pouvoir avoir accès à une nouvelle offre de mutuelle, comme 55 000 des collègues du ministère, le ministère de la Transition Écologique et Solidaire, le MTES. C'est peut-être le moment de résilier la votre ? Ou pas. On ne sait pas, car ladite mutuelle n'est pas encore choisie. Elle le sera d'ici quelques jours. Il faut peut-être se tenir prêt.
Les détails dont nous disposons à ce jour sont ici en lien. Dès l'offre connue, nous la communiquerons.

La CFDT a pris ses responsabilités en signant un accord avec l'administration pour engager le ministère dans cette proposition de mutuelle. UNSA et FSU ont aussi soutenu cette démarche.
La CFDT exige en effet depuis plusieurs années que les employeurs publics participent financièrement à la protection complémentaire santé et prévoyance.

 

 

 

Cet été a été riche en publications, qui, sans qu'elles aient un lien direct avec Météo-France, dénotent de l'ambiance qui règne au sein des décideurs. Une volonté de transformer la fonction publique. Nous insisterons principalement sur les circulaires du premier ministre portant sur l'organisation territoriale de l'Etat et de ses opérateurs. Il est prévu un important mouvement de déconcentration que le premier ministre appelle de ses voeux. Tout le contraire de Météo-France...
Ici en lien 3 pages sur les parutions :
- du document du Comité "CAP22"
- et surtout sur les deux circulaires du premier ministre portant l'une sur la "déconcentration et l'organisation des administrations centrales", et l'autre sur " l'organisation territoriale des services publics ".